MotoGP 2025 : Questions à points et à bastons…

Ce qui est certain, merci au confrère italien qui a évoqué le problème, c'est que le système de points n'est plus du tout adapté aux GP modernes. Il récompense les quinze premiers du GP, mais il a été conçu à une époque où il y avait tellement de pilotes au départ des 500 et des autres cylindrées qu'il n'y avait pas toujours assez de places sur la grille ! Aujourd'hui, il y a seulement 22 pilotes en grille, et les quinze premiers prennent des points ! Autrement dit, comme il y aura de toute façon une chute ou deux, la quasi-totalité des pilotes arrive dans les points. Ce qui donne parfois une pauvre tentative de consolation en disant d'un pilote malheureux qu'il au moins terminé dans les points, mais le problème de départ devient celui-ci. En système d'affrontement binaire, ce qui est le cas et l'a été aussi en 2024, tu peux te permettre d'être battu cinq fois si lors de la sixième ton adversaire se met au tas. Il suffit pour cela de le suivre, même de loin, quand tu es largué dans les cinq premières épreuves. C'est idiot, c'est injuste, c'est artificiel. Une victoire en GP devrait être largement mieux récompensée. Cinq points d'écart c'est nul. Ce qui me rappelle un peu le rugby en fait, qui a une excuse, c'est un truc d'angliches. Quand tu vois l'effort phénoménal et l'intelligence de jeu nécéssaires pour marquer un essai alors qu'un coup de pied, passable à quarante mètres, en rapporte trois tu as tendance à faire fauter l'adversaire plutôt que cavaler comme un dingue. 

Il est vrai aussi que donner des points aux quinze premiers permet d'avoir une sorte de vrai classement avec des points quasiment partout au lieu d'aligner les zéros. Vient ensuite le problème du sprint. Qui ne rapporte vraiment rien, avec pourtant des prises de risques colossales en tête de course. Qui plus est, à partir du quatrième tu ne gagnes vraiment plus grand-chose et on voit sur ces courses de dix tours des écarts beaucoup plus considérables que sur les GP du lendemain. Cette surprime au vainqueur pourrait imposer à ces messieurs de croiser le fer au lieu d'attendre la bonne occase ou la chute du mec devant qui, lui, se crache dans les pognes. Et pour savoir si Marquez a le moral cassé et si Bagnaia est sur un nuage rose, on attendra le GP suivant ! Parce qu'entre nous, connaître le degré de positivité dans le mental d'un pilote, on s'en fout non ? Bon, ça explique évidemment, suivez mon regard, que des pilotes puissent tomber, en très peu de temps, à la lanterne rouge (expression SNCF, pas Ducati...) d'un classement qu'ils surpassaient deux mois auparavant. Marquez/Bagnaia ? Il y a d'abord le goût naturel pour chacun de ceux qui les regardent s'affronter. Enfin s'affronter pas vraiment puisque jusqu'à présent, ça a été ou la râclée ou la chute. Les seules vraies bastons qui ont été vues sont entre Bagnaia et Alex Marquez. Il y a ensuite sûrement le type de piste mais en 2014, quand Marquez enfile dix victoires d'affilée, on peut jeter un œil sur les écarts mais on peut aussi en déduire qu'il est juste un pilote ultra doué. Le reste est de la philosophie de coin de bar... Le moral c'est sur la ligne de départ qu'il faut l'avoir... Et ça on le sait le jour du GP et pas quand les pseudos Nostradamus/Freud sortent leurs pronostics à deux balles... RV au Qatar! Avec du suspense et tant mieux. Mais un système de points qui cloche... 

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