
D'un abandon jusqu'aux portes du podium, Pajari monte crescendo dans la catégorie reine
03/29/2025 06:07 AM
« Chi va piano, va sano e va lontano ». L’adage italien, qui signifie « Qui va doucement, va sainement et va loin », ne peut être plus pertinent en ce qui concerne Sami Pajari et son début de saison 2025 en WRC. Le Finlandais est en pleine phase de découverte au plus haut niveau du rallye mondial, lui qui dispute sa première saison complète en catégorie reine avec Toyota. Et on aurait presque tendance à l’oublier, tant le jeune pilote de 23 ans s’est fait discret lors des trois premiers rendez-vous de la saison.
À bord de la Yaris Rally1, habillée d’une robe blanche afin de marquer la distinction avec les pilotes de « l’équipe A », Sami Pajari a joué la carte de la prudence pour démarrer son aventure à temps plein avec le constructeur japonais. Que ce soit au Monte-Carlo, en Suède ou au Kenya, le Nordique n’a signé aucun temps scratch, ni même de deuxième meilleur temps de spéciale. Pourtant, après trois épreuves, le rookie compte 19 points à son actif à la 8e place au championnat, avec seulement six points de retard sur Takamoto Katsuta et douze unités de retard sur Kalle Rovanperä, titulaires au sein de l’écurie officielle. Le fruit d’une stratégie conservatrice, lui qui avait démarré la saison du mauvais pied.
Décevant au Monte-Carlo, solide au Kenya
Au Monte-Carlo, Sami Pajari – qui roulait déjà loin des temps des meilleurs – avait tout perdu dès la première spéciale du dimanche en tombant dans un ruisseau après avoir percuté un pont… avant d’être rejoint par Takamoto Katsuta quelques instants plus tard, les deux ayant été piégé par des zones verglacées. Le Finlandais pointait alors à la 7e place et, même s’il n’est pas éligible pour inscrire des points au championnat Constructeurs pour Toyota, cet abandon sur la dernière journée de course lui a fatalement mis une certaine pression sur les épaules. Néanmoins, le champion WRC2 a de la ressource et a su répondre sur les deux épreuves suivantes, en Suède et au Kenya, sur des terrains différents et exigeants.
En Scandinavie, malgré une crevaison dès l’ES2, Sami Pajari a réussi à inscrire une solide 7e place à moins de 2’30 du vainqueur, Elfyn Evans. Sur le Safari, dans des conditions assez intenses et malgré des mésaventures dès le vendredi matin dans l’ES3 (crevaison et pare-brise cassé), le pilote de 23 ans est parvenu à s’extirper de tous les pièges et à profiter des mésaventures de ses adversaires pour signer une magnifique 4e place. Et s’il n’a pas été très impressionnant au niveau du rythme, il a tout de même égalé son meilleur résultat en WRC.
« C’est un grand soulagement de franchir la ligne d’arrivée. C’était notre seul objectif pendant tout le rallye, a-t-il déclaré, heureux mais épuisé, après l’arrivée du Safari Rally. La semaine a été assez longue, depuis les reconnaissances jusqu’aux quatre jours de rallye. Ça peut être épuisant, mais nous l’avons bien géré. Il n’y a pas eu de grosses erreurs ou de problèmes, ce qui est exactement ce que nous voulions pour cette épreuve, donc je peux en être très satisfait. (…) Je suis heureux que l’équipe ait remporté ce rallye une fois de plus et avec l’expérience que nous avons acquise ici, nous pourrons être encore plus forts la prochaine fois. »
Trop d’attentes sur Pajari ?
Avec des résultats et une confiance en hausse, Sami Pajari semble enfin avoir pris la mesure de son nouveau rôle dans la catégorie reine. Évidemment, avec les promesses affichées en WRC2 et l’an dernier lors du Rallye de Finlande (4e pour sa première épreuve en Rally1, avec un temps scratch), on en attend encore plus du jeune Finlandais, dont on connait le talent et le potentiel…. Mais, dans l’excitation générale, en attend-on trop de Sami Pajari pour sa première saison complète ? Selon le principal intéressé, son excellent résultat lors de son épreuve à domicile en 2024 a créé des attentes trop élevées le concernant, au point de les juger irréalistes.
« Je pense que ce sentiment ne fait que s’accroître au fur et à mesure. Je pense que la [performance en] Finlande a été un peu trop bonne dans ce sens, avait admis Sami Pajari auprès de DirtFish à l’issue du Rallye de Suède, en février. Nous avons fait le meilleur chrono d’une spéciale et nous sommes arrivés quatrièmes au classement général, c’est un peu comme si nous avions placé la barre très haut, du moins pour les autres. Alors peut-être que les gens se disent : ‘OK, il a été quatrième lors de sa première épreuve, alors que se passera-t-il à l’avenir ?’ (…) J’essaie de leur faire garder les pieds sur terre, de ne pas générer trop d’attentes. » N’oublions pas que Sami Pajari, en plus d’apprendre les rudiments de la catégorie reine au fil des rallyes, doit désormais composer avec un nouveau copilote : Marko Salminen, 46 ans, dont l’expérience est essentielle pour accompagner le jeune loup dans sa progression au plus haut niveau.
Désormais pleinement intégré dans le gratin du rallye mondial, Sami Pajari doit passer à la vitesse supérieure pour prouver sa véritable valeur et sécuriser sa place dans la catégorie reine. S’il va continuer à découvrir de nouvelles épreuves tout au long de la saison – à commencer par le Rallye des Îles Canaries, du 24 au 27 avril – le pilote Toyota doit s’approcher du rythme de ses compères sur les rallyes qu’il connaît déjà, comme au Portugal, en Sardaigne, en Grèce et surtout en Finlande, qui se disputent tous sur sa surface favorite, la terre. S’il parvient à confirmer tout le potentiel et le talent qu’on lui promet, un podium pourrait être à portée de main en 2025.
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