
Recyclage auto : 15 constructeurs pris la main dans le sac par Bruxelles

Hier à 05:00 AM
Entre 2002 et 2017, 15 constructeurs européens se sont coordonnés pour éviter de payer les centres de recyclage des véhicules en fin de vie, tout en dissimulant les efforts réels en matière de matériaux recyclés. La Commission européenne a infligé une lourde amende de 458 millions d’euros, visant notamment Volkswagen, Renault-Nissan et Stellantis. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) est également épinglée pour son rôle dans cette affaire. Mercedes-Benz, en révélant l’entente, échappe à la sanction.
Recyclage auto : une entente entre constructeurs
Mardi 1er avril 2025, quinze constructeurs se retrouvent dans le viseur de Bruxelles pour avoir orchestré, pendant plus d’une décennie et demie, une entente sur la gestion des véhicules hors d’usage. Le montant total des amendes s’élève à 458 millions d’euros. Volkswagen, avec une pénalité de 127,7 millions d’euros, Renault-Nissan (81,5 millions) et Stellantis (74,9 millions) paient le prix fort. Ford, BMW et Toyota n’échappent pas non plus à la facture, avec des montants respectifs de 41,5, 24,6 et 23,5 millions d’euros, rapporte Le Monde. Mercedes-Benz, en revanche, tire son épingle du jeu : en jouant les lanceurs d’alerte, le constructeur allemand évite toute sanction financière. Ce qui surprend dans cette affaire, c’est la durée de cette coordination, qui s’étend de 2002 à 2017. Pendant ces quinze années, ces groupes ont travaillé de concert pour contourner leurs obligations en matière de recyclage.
Mardi 1er avril 2025, quinze constructeurs se retrouvent dans le viseur de Bruxelles pour avoir orchestré, pendant plus d’une décennie et demie, une entente sur la gestion des véhicules hors d’usage.
Les véhicules en fin de vie, ces carcasses d’acier, de plastique et de verre qui encombrent les casses automobiles, doivent normalement être pris en charge pour limiter les déchets et récupérer des matériaux réutilisables. Mais ici, les constructeurs ont choisi une autre voie. Selon la Commission, ils se sont entendus pour ne pas rémunérer les centres de démontage, estimant que ces derniers pouvaient se débrouiller seuls grâce aux revenus tirés de la revente des pièces ou des matières premières. Une décision qui, sur le papier, peut sembler logique pour des entreprises cherchant à réduire leurs coûts, mais qui va à l’encontre des principes d’une économie circulaire que l’Europe cherche à promouvoir depuis des années. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), qui regroupe les principaux acteurs du secteur, n’est pas en reste. Elle écope d’une amende de 500 000 euros pour avoir servi de plaque tournante dans ces échanges.
Un silence calculé sur les efforts environnementaux
Au-delà de la question des coûts, cette affaire met en évidence une autre facette : la volonté des constructeurs de brouiller les pistes sur leurs engagements environnementaux. Recycler un véhicule, ce n’est pas seulement une obligation légale, c’est aussi un argument de vente. Les consommateurs, de plus en plus sensibles aux questions écologiques, regardent aujourd’hui les fiches techniques avec un œil nouveau. La présence de matériaux recyclés dans une voiture neuve peut faire pencher la balance au moment de l’achat. Mais les 15 groupes sanctionnés, rejoints dans cette pratique par Mercedes-Benz avant sa dénonciation, ont décidé de ne pas jouer cette carte.
Ils se sont mis d’accord pour ne pas communiquer sur les quantités de matériaux recyclés intégrées dans leurs nouveaux modèles. En gardant le silence, ils évitaient que les clients ne commencent à comparer leurs performances environnementales. Si un constructeur avait affiché des chiffres flatteurs, les autres auraient pu se retrouver sous pression pour suivre le mouvement, voire aller plus loin que ce que la loi impose. En étouffant cette compétition potentielle, ils ont maintenu un statu quo confortable, au détriment des consommateurs et de l’environnement donc. À une époque où les normes écologiques se durcissent et où les constructeurs rivalisent de discours sur la durabilité, cette entente montre que les priorités ne sont pas toujours alignées sur les attentes du public.