En mars, le marché automobile français plonge

https://sf1.autoplus.fr/wp-content/uploads/autoplus/2025/04/renault-clio-2024-1280-d4b8c6d1182db50a7c45cd3b909c980afd.jpg

Le marché automobile français a enregistré une baisse significative en mars, avec 153 842 immatriculations. Stellantis recule de 17 %, Tesla s’effondre de 37 %, tandis que Renault-Dacia résiste. Les véhicules électriques maintiennent leur part à 19 %, malgré un contexte économique et fiscal pesant.

Une chute brutale du marché et des ventes en mars

Le printemps n’a pas souri au marché automobile français. En mars, les immatriculations de voitures neuves ont dégringolé de 14,5 %, selon les données publiées par la Plateforme automobile (PFA). Avec seulement 153 842 véhicules enregistrés, le secteur retrouve des volumes comparables à ceux de mars 2022, une période marquée par des pénuries de semi-conducteurs et les premiers soubresauts de la guerre en Ukraine. Ce recul intervient après un début d’année déjà morose. Sur les trois premiers mois de 2025, les ventes accusent une baisse cumulée de 7,8 %. Les constructeurs subissent cette onde de choc avec des fortunes diverses. Le groupe Stellantis, qui regroupe des marques comme Peugeot, Citroën ou Fiat, voit ses volumes fondre de 17 % par rapport à mars 2024. Une contre-performance notable pour le groupe, qui perd du terrain face à un concurrent direct, Renault-Dacia. Ce dernier, avec une baisse limitée à 0,99 %, fait figure de rescapé et se rapproche dangereusement de Stellantis au classement des ventes. Volkswagen, troisième acteur majeur, n’échappe pas à la tendance avec un repli de 4,8 %, plombé notamment par les difficultés de sa marque Seat.

Le printemps n’a pas souri au marché automobile français. En mars, les immatriculations de voitures neuves ont dégringolé de 14,5 %, selon les données publiées par la Plateforme automobile (PFA).

Du côté des électriques, le tableau n’est guère plus reluisant. Tesla, fer de lance du segment, voit ses immatriculations s’effondrer de 36,8 % en mars, un chiffre qui grimpe à 41 % sur le trimestre, avec seulement 6 693 unités écoulées depuis janvier. Pourtant, la part des véhicules électriques dans les ventes totales reste inchangée, à 19 %. Un paradoxe qui montre que ce segment, bien que résilient en proportion, suit la pente descendante du marché global. Luc Chatel, président de la PFA, pointe du doigt un climat économique difficile. Il évoque des “consommateurs attentistes”, freinés par l’incertitude ambiante. Mais d’autres facteurs entrent en jeu, notamment les décisions politiques, qui pourraient avoir accentué cette glissade.

Un contexte fiscal et industriel sous tension

Si les chiffres de mars sonnent comme un coup de frein, ils ne tombent pas du ciel. Depuis le 1er mars, le gouvernement a durci le barème du malus appliqué aux voitures neuves à essence, une mesure qui touche désormais la majorité des modèles thermiques vendus en France. Parallèlement, les aides à l’achat de véhicules électriques ont été rabotées, réduisant l’attractivité de ces modèles pour les particuliers. Pour Luc Chatel, ces choix pèsent lourd dans la balance et expliquent en partie la dégringolade observée.

Chez Stellantis, la baisse des ventes pourrait aussi refléter d’autres difficultés, en interne cette fois. Le groupe doit jongler avec une gamme vieillissante sur certains segments et une concurrence accrue. Renault-Dacia, en revanche, tire son épingle du jeu grâce à une offre mieux adaptée aux attentes actuelles, notamment avec des modèles hybrides et des prix compétitifs.

Tesla, de son côté, traverse une passe délicate. Le constructeur américain, qui modernise actuellement sa gamme avec des évolutions sur le Model Y et le Model 3, semble pâtir d’un effet conjoncturel mais aussi, peut-être, d’un effet Musk. Les prises de position d’Elon Musk, omniprésent dans les médias, pourraient refroidir certains acheteurs, même si aucune donnée ne vient étayer cette hypothèse pour l’instant. Ce qui est certain, c’est que la marque, autrefois en pleine ascension, voit son élan brisé en France, avec des volumes en chute libre. Le marché automobile français, en ce mois de mars 2025, apparaît comme un miroir des incertitudes qui traversent le pays. Entre durcissement fiscal, attentisme des acheteurs et repositionnements industriels, les constructeurs doivent s’adapter à un terrain mouvant. Les mois à venir diront si ce plongeon n’était qu’un accident de parcours ou le signe d’une transformation.

img

Top 5 Actu auto et moto

×