
L'Aston Martin d'Adrian Newey s'adonne à la chasse aux records
Hier à 10:27 AM
Adrian Newey, aérodynamicien le plus éminent de l'histoire de la Formule 1, avait du temps libre lorsqu'il était chez Red Bull… Alors, entre la création de monoplaces championnes du monde, l'Anglais s'est adonné à la conception d'une supercar : l'Aston Martin Valkyrie.
C'est peu de le dire, lorsque l'esprit britannique s'occupe d'un objet à quatre roues, il semble incapable d'en faire une œuvre moyenne. Ainsi, chacune de ses créations repousse des limites, humilie des concurrents, et contraint les auteurs Wikipédia à réécrire les onglets records. Sans grandes surprises, l'Aston Martin Valkyrie confirme ces dires.
Depuis le succès de l'émission Top Gear, le circuit de l'aérodrome de Dunsfold, au Royaume-Uni, s'est érigé en véritable juge de paix des performances des sportives routières, toutes pilotées par le célèbre Stig. Ainsi, à l’image des chronos du Nürburgring, en une moindre mesure certes, les résultats des sportives sur la piste anglaise sont soigneusement scrutés par les passionnés, et un chrono canon devient un moyen de communication pour les marques.
Enfin soumise à l'épreuve, l'Aston Martin Valkyrie a largement répondu aux attentes. En établissant un tour stupéfiant en 1'09″06, l'Anglaise s'installe en haut du tableau des scores concernant les automobiles de série – elle détrône la Koenigsegg Jesko Attack, 1,3 seconde derrière (!) – et s'est au passage permise de devancer des véhicules réservés à la piste comme la Ferrari FXX ou la Caparo T1.
Un simulacre de voiture route
D'un point de vue technique, la Valkyrie est bien plus proche d'une voiture de course que d'une routière. La véritable prouesse réside d'ailleurs en cela, d'avoir été en mesure de respecter les contraintes d'homologation tout en optimisant la performance. Ainsi, l'ingénieur anglais a joué de compromis, et l'on retrouve chez la bête des technologies qu'il maîtrise parfaitement : suspensions à poussoirs, châssis monocoque en carbone ultra léger, aérodynamisme radical avec effet de sol optimisé, utilisation massive de titane pour réduire le poids – l'auto ne pèse qu'une petite tonne – mais aussi… des clignotants. En bref, après avoir pulvérisé le record de votre piste locale, vous avez la possibilité de vous arrêter prendre le pain avec votre jouet. Cela dit, votre mission n°2 sera autrement plus complexe que la première.
Sous le capot, l'Anglaise cache un V12 atmosphérique de 6,5 litres développé par Cosworth, capable de monter à plus de 11 000 tr/min (1014 chevaux) couplé à un moteur électrique (162 chevaux) pour une puissance cumulée de 1176 étalons. De quoi réveiller les voisins, puis les voisins des voisins, voir plus encore puisque Aston Martin a été contraint d'intégrer des casques anti-bruit pour le pilote et son passager afin que les balades n’éprouvent pas abusivement les esgourdes. Une fois encore, compliqué pour la boulangerie…
La chasse a débuté
Voir cette publication sur Instagram
C'est en 2021 que la conception de l’Aston Martin Valkyrie s'est achevée. Limitée à 150 exemplaires seulement, rien ne sert d'évoquer son prix, elles ne sont plus disponibles puisque toutes ont trouvé preneur (environ 2,5 millions pour les curieux).
Ainsi, si l'homologation permet techniquement à la Valkyrie de circuler sur route ouverte, tout en elle trahit sa véritable nature, celle d'une voiture de course en quête du moindre dixième sur des circuits. Cette quête, Aston Martin l'a débutée à Silverstone en novembre dernier puisque la native de Gaydon a atomisé le record du circuit pour une voiture homologuée. 1'56″42, voilà le chrono signé par le pilote Darren Turner, soit 10 secondes plus rapide que la Porsche 911 GT2 RS MR et 13 secondes plus vite qu'une McLaren Senna, pourtant deux objets très affûtés. Plus fou encore, l'œuvre d'Adrian Newey s'est avérée plus rapide que la pole 2024 du British GT Championship signé par une Lamborghini Huracán Evo GT3.
Dernièrement, c'est la piste de Top Gear qui a subi la foudre de l’Anglaise, qui s’est emparée du record et qui, en théorie, devrait le conserver un bon bout de temps. À noter que la triche n’est jamais de la partie puisque ces temps canons sont réalisés avec des pneumatiques eux-aussi homologués pour la route.
Alors, après ces exploits, la Valkyrie est désormais attendue sur l'épreuve ultime : le Nürburgring. Sur l’Enfer vert, le défi sera d'une ampleur bien différente puisque la concurrence est d’un autre calibre : la Mercedes AMG ONE. L’Allemande a signé un temps stupéfiant de 6'29″09. Affaire à suivre…
Voir cette publication sur Instagram
Cependant, la marque anglaise ne doit guère se concentrer à cette prouesse puisque depuis le début de la saison 2025, elle a intégré le Championnat du Monde d'endurance (WEC) et son cousin américain (IMSA) avec sa version LMH (image ci-dessus). Nouvelle prouesse, elle est la seule Hypercar du plateau à respecter la philosophie du premier règlement, avant qu’il soit modifié, c'est-à-dire être une voiture de course dérivée d'une voiture de route, à l’instar des McLaren F1 GTR, Porsche 911 GT1 et Mercedes CLK GTR de l’époque. Surtout, elle est le seul prototype du WEC à ne pas embarquer de système hybride.
Si les débuts de la bête lors de la première manche du WEC au Qatar ont été compliqués, ses résultats à Sebring en IMSA ont été encourageants. Au 24 Heures du Mans, il y a de grandes chances pour que les hurlements du V12 s'accaparent le cœur du public… Jusqu'ici détenu par la voix rauque du V8 de la Cadillac V-Series.R. Rendez-vous du 11 au 15 juin prochain sur le circuit de la Sarthe !
The post L’Aston Martin d’Adrian Newey s’adonne à la chasse aux records appeared first on AutoHebdo.